
Il y a des appels qu’on garde en tête. Celui-ci venait de la petite-fille d’un habitant d’un immeuble de Bourg-en-Bresse. Son grand-père était décédé depuis plus de 72 heures avant d’être découvert, et l’odeur commençait à devenir difficile à supporter pour tout le voisinage.
Elle était bouleversée, bien sûr. Mais elle était aussi confrontée à un problème très concret : ni elle ni le reste de la famille ne pouvaient entrer dans l’appartement. L’odeur était trop forte, l’état du logement trop difficile à affronter. Et pourtant, ce logement n’avait rien d’un logement laissé à l’abandon. C’était celui d’un homme très consciencieux, méticuleux, qui prenait soin de son intérieur. Sa petite-fille le savait bien. Elle ne voulait surtout pas que sa famille garde de lui une image dégradée, une image qui ne lui aurait pas ressemblé. Elle voulait au contraire que le logement redevienne, autant que possible, ce qu’il avait toujours été à ses yeux.
Il y a d’ailleurs une raison à cette inquiétude, bien connue en psychologie. On parle d’effet de récence : ce biais qui fait qu’on retient plus fortement les dernières informations ou impressions reçues sur un sujet. Appliqué à un lieu de vie, cela signifie qu’une dernière image dégradée du logement peut, avec le temps, contaminer le souvenir qu’on garde de la personne elle-même. C’est précisément ce que la petite-fille cherchait à éviter.
On s’est déplacés dès le lendemain de son appel pour évaluer la situation sur place, à Bourg-en-Bresse. Le soir même, on avait établi et validé le devis. La famille avait en effet besoin d’agir vite, et surtout de reprendre pied dans ce logement qui leur était devenu inaccessible.
Ce genre d’échange, je le mène un peu comme avant, quand j’étais infirmier : rassurer sans minimiser, être factuel sans être froid. On explique ce qui va se passer, combien de temps ça prendra, et surtout ce qu’ils n’ont pas à faire eux-mêmes.
On a volontairement découpé l’intervention en deux étapes, comme on le fait souvent pour ce type de situation.
La priorité, c’était de traiter les odeurs et de faire un premier nettoyage léger. Juste assez pour que la famille puisse enfin remettre les pieds dans l’appartement, et retrouver un lieu fidèle à l’image qu’ils gardaient de lui. Pour ça, on utilise du matériel professionnel de neutralisation olfactive (générateur d’ozone, nébulisation), qui traite l’air en profondeur et pas seulement en surface.
Une odeur désagréable a ceci de particulier qu’elle s’imprime dans la mémoire bien plus durablement qu’une image. Contrairement aux autres sens, l’odorat est en effet directement relié aux zones cérébrales de la mémoire et des émotions. C’est ce qui fait qu’une odeur peut raviver un souvenir, en bien comme en mal, des années plus tard. C’est justement pour ça qu’on ne voulait laisser aucune place au hasard sur ce point.
Avant que la famille ne vienne, on a même laissé sur place un produit de traitement pour un dernier passage de dernière minute, avec des consignes précises d’utilisation. L’idée : être certains qu’elle arriverait dans les meilleures conditions possibles, surtout au niveau des odeurs. C’est ce genre de détail qui, à nos yeux, fait toute la différence dans ces moments-là.
L’objectif : leur permettre de venir récupérer des souvenirs et des affaires dans un cadre respectueux, où l’image gardée du proche reste la bonne. Ce moment compte d’ailleurs plus qu’il n’y paraît. Les spécialistes du deuil parlent de rituels de transition — pouvoir revenir dans un lieu, toucher des objets, dans un cadre apaisé — comme d’une étape qui aide concrètement à avancer dans le travail de deuil. Ainsi, organiser ce passage dans de bonnes conditions, ce n’est pas un détail logistique : c’est une étape à part entière.
La famille est passée dans les quinze jours qui ont suivi.
Une fois ce passage effectué, on a organisé l’évacuation de tout ce qui n’était pas conservé, puis réalisé le nettoyage final en vue de la mise en vente du logement — un peu comme sur nos interventions de fin de chantier ou nos interventions Diogène, où il faut souvent remettre un logement à neuf après une situation difficile.
La famille avait déjà énormément de choses à gérer — démarches, papiers, deuil. Cette partie-là, la nôtre, n’a jamais été une préoccupation supplémentaire pour eux.
Avant de fonder Xyneo, j’ai été infirmier pendant plusieurs années. Ce n’est pas un hasard si l’accompagnement humain reste au cœur de la façon dont on intervient aujourd’hui. En réalité, traiter un logement, c’est aussi savoir traiter les personnes qui le traversent, et respecter ce qu’il représentait pour celui qui y vivait.
Si vous ou vos proches traversez une situation similaire à Bourg-en-Bresse ou ailleurs dans l’Ain, le Rhône ou la Saône-et-Loire, contactez Xyneo — on s’occupe de cette partie-là, à votre rythme.
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